Johan van der Keuken n’aimait pas être défini comme documentariste ; il était cinéaste. Vélocité 40 – 70 en témoigne. Il refuse d’utiliser des images d’archives pour ce film pourtant commémoratif. Il crée des situations, compose des abstractions du réel et juxtapose des images qui n’ont, a priori, rien à voir avec le « sujet » du film. Pas vraiment des procédés « classiques » du documentaire. C’est peut-être dans cette liberté poétique, dans l’importance qu’il accorde à la dimension plastique, que le film puise sa force documentaire.
D’une autre façon et à une autre échelle, Bloody Mondays & Strawberry Pies, de Coco Schrijber, juxtapose des séquences qui n’ont a priori pas d’autres liens entre elles que ceux imaginés par le film. Elle ne joue pas sur des abstractions, mais traite d’un sujet abstrait, l’ennui, pour le confronter au réel. Comme dans Vélocité 40 – 70, nous sommes moins dans une logique explicative, forme devenue classique du documentaire télévisuel, mais davantage dans une logique associative, plus propre à la poésie. Les deux films demandent aux spectateurs de se placer dans une attitude active pour donner sens aux films. La nécessité de créer des liens, de rassembler des éléments tellement hétérogènes, nous force à aller plus loin que la seule surface des images et des sons, des textes et des musiques. Des formes aussi libres prêtent à des interprétations multiples.

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